Traveling : " 42th Street

from Hell's Kitchen to Grand Central "


Point de départ de cette série : la 42eme rue. Artère mythique de Big Apple qui scinde la fourmilière du monde de la manière la plus rectiligne qui soit, pour dévoiler au fur et à mesure de sa traversée l’éclectisme et la diversité d’une ville en perpétuel mouvement. Entre l’Hudson et l’East river, le cosmopolisme à la New Yorkaise prend ici toute son ampleur : quittez Hell’s Kitchen, anciennement malfamé, aujourd’hui prisé, laissez les anciens théâtres devenus cinémas X, passez Time Square, Broadway, Grand Central Terminal, Madison, puis le siège de l’ONU comme point de chute. Frederic-JG Blanque nous invite dans cette série à la découverte d’une rue qui reflète à elle seule New York toute entière. Seize photos pour nous raconter une ville, un quartier du monde.

Lorsqu’il part de Hell’s Kitchen, Frederic-JG sait qu’il n’a que quelques heures pour accomplir son acte photographique. Seize prises de vues sans changer d’objectif, d‘ouverture, de point de fuite… Le Chrysler Building dans la pastille, chacune des photos est réalisée un pied sur le trottoir, l’autre dans le caniveau. Instantané flagrant de ce jour de fin de printemps, semblable en tout point à n’importe quelle journée lambda d’une autre saison (à peine distinguerions nous le changement de tenue des passants).

L’activité permanente, le dynamisme urbain nous harcèlent ici littéralement, et aux contrastes volontairement accentués de la prise de vue nous saute au yeux celui des portraits des Hommes arpentant l’artère: afro-américains, WASP, touristes, working men, mendiants… Nul ne saurait dire, dans cette série novatrice par son concept, si ces photographies tiennent dans leur fondement du photo-reportage, du portrait, du témoignage culturel ou de la photo d’architecture. Une croisée des chemins salutaire pour donner sa pleine dimension à l’exercice, au concept convoqué. New York, ni embellie, ni posée, mais surtout non racontée par des détails kitchs et insignifiants. New York transposée, livrée clefs en main, aussi vrai que nature, car la nature même de ces images n’est autre que la vérité de l’instant, du lieu, des âmes errantes. Et nous errons, nous aussi, devenus simple voyageurs, simples voyeurs, dans ce Manhattan hurlant, et nous ne pouvons que nous étonner du contraste saisissant entre le bruit et le tumulte de l’artère bourdonnante d’activité et le calme feutré et serein de la galerie où nous venons de poser nos bagages pour quelques instants. Mais Grand Central Terminal arrive trop vite sous nos pas, et bien malgré nous nous rejoignons la foule des voyageurs New Yorkais sur le départ. Nous laissons derrière nous une ville que nous avons à peine effleuré, mais qui, grâce à Frederic-JG Blanque, nous a offert un semblant de son intimité.

Nous pouvons désormais affirmer : « J’ai vu New York, New York, USA»*.

François Galerneau - Octobre 2010

* Citation Serge Gainsbourg

Copyright © All rights reserved.
Using Format