Vit et travaille à New York  ///  Live and work at New York

ENGLISH VERSION BELOW

Frédéric-JG Blanque (FJG) se passionne pour la photographie dès l’adolescence. Un oncle néerlandais portraitiste, connu pour ses clichés de JFK ou encore de Louis Armstrong, lui insuffle le désir de s’emparer du medium photographique pour donner à voir sa perception du monde. Il a alors 14 ans. Le noir et blanc, le format de son premier Polaroïd, puis une pratique assidue du moyen format argentique forme son œil à la composition « au carré ».  Des études en école de commerce l’éloignent peu à peu des lumières rouges du laboratoire. Les affaires prospèrent : le boîtier de son Canon et sa collection d’objectifs sommeillent. Un mois de juin 2001, il se promène à Lower Manhattan, caresse le pied gris métallisé d’un gratte-ciel du WTC. Ce cadrage parfait,cet instant épiphanique, ce film ne sera pas impressionné : il n’a pas d’appareil sur lui. Il se promet de revenir pour combler ce blanc. Quelques mois plus tard, ce sera Ground zero.  Des années passent, il cesse alors ses activités dans l’immobilier, se saisit du terrain vague où s’étirent ses désirs de jeunesse et se consacre à la photographie d’architecture : en février 2010, il présente sa première exposition à la galerie toulousaine CDA.
 
L’objectivité inaugurale de certaines de ses compositions visuelles urbaines n’est pas sans évoquer l’école de Düsseldorf. D’autres témoignent d’une représentation de la ville moderne, a priori conventionnelle, voire fascinée par un american way of life ou fantasmée par la convocation d’une Lost Generation. Il faut y voir tour à tour un pied de nez aux images dont rêve la grande distribution  et à toute forme de nostalgie.L’intérêt, pour FJG, n’est pas la reproduction d’une réalité, idée qu’il reconduit, mais la construction, riche en potentiels, d’une réalité qui serait sienne.
L’impersonnel sait s’altérer pour faire la part belle à l’échappée imaginaire : la photographie devient l’outil au service de sa propre subjectivité. Le réel en soi n’existe pas, il s’autorise donc l’intervention sur l’image : les traitements chromatiques, les cadrages très serrés, les points de vue improbables battent en brèche toute tentative de classement figuratif.

Ainsi, pour FJG, la photographie ne se pratique pas dans l’urgence, elle est toujours précédée par la réflexion, d’ailleurs, il n’a presque jamais d’appareil photo sur lui. C’est le travail en amont et en aval de la prise de vue qui légitime la différence entre « faire une photo » et « prendre une photo », faire une photo étant plus instantané.
 
Le drap tombe. L’intérêt plastique de l’image se déploie.De Ground zero à la friche, le frisson réside dansl e renouveau, dans le « à suivre », « à faire », et non le « déjà ». C’est l’objet en puissance qui intrigue FJG pour ce qu’il va en faire. Les couleurs convoquées sont celles de l’aurore, le flou révèle le mouvement, la circulation se fait sous le béton, le grain témoigne d’une volupté de la pierre, le « cramé » de l’image, surjoué,magnifié, marque le passage de l’aporie à l’essence. La photographie d’architecture se fait conjuration de la mort et affirme la pérennité du mouvement par le principe de l’analogie.
Proprement maçonnique, la photographie assigne chez FJG les contraintes de l’architecture : la disposition des images exposées, la disparition du papier,  le support verre acrylique ou celui de l’aluminium brossé (…), tout participe à ce que l’épaisseur de la matière photographiée épouse celle du support. S'éloigne alors, imperceptiblement, la photographie du figuratif pour embrasser une dimension plastique qui resserre le lien du photographe à celui d’artiste et transforme le plaisir de la vue en sensation scopique volontiers charnelle.

De la ville toute puissante à la déshérence de la friche promise à la renaissance, en passant par une esthétique de l’accident, c’est l’odeur entêtante des hommes que les murs, de verre, de pierre, de métal, révèlent. La photographie d’architecture, telle que la présente et la travaille FJG, devient une ode à la matière vivante. 
 
Leokady
(KarineAlquier)

ENGLISH VERSION
 
Frédéric-JGBlanque (FJG) became passionate about photography when he was a teenager. A Dutch uncle of his, a portrait photographer known for his pictures of JFK and Louis Armstrong, inspired him to take up the photography medium as a way of showing his perception of the world. He was then 14 years old. Blackand white photography, the format of his first Polaroid camera and the constant practice of medium-format traditional photography trained his eye to the “square” composition. His business studies then drew him away from red-lit darkrooms. His business career took off : his Canon camera and collection of lenses lay dormant. Until one day in June 2001, as he was walking in Lower Manhattan, he came up close to the silver-grey foot of a WTC tower. That perfect composition, that epiphanic moment, were never captured on film : he did not have his camera with him. He promised himself to come back to fill the void. A few months later Ground Zero happened. Years went by, he stopped his real estate activities, and confronting the vacant space where his youthful aspirations were being wasted, he devoted himself to architectural photography : InFebruary 2010, his first exhibition was shown in the CDA gallery in Toulouse, France.
 
The inaugural objectivity of some of his visual urban compositions is somewhat reminiscent of the Düsseldorf School. Others represent the modern city in a way which initially seems conventional, even reflecting a fascination for the American Way of Life, or an imagined convening of the Lost Generation. Instead, they should be understood as an ironic take on both the images much loved by home department stores and all forms of nostalgia. FJG is not interested in depicting reality, an idea he opposes, but inconstructing his own reality, which has much more potential.

The impersonal can be altered to allow the imagination to take over : photography becomes a tool serving his own subjectivity. Reality as such does not exist and FJG allows himself to alter the image, the colour treatments, close-ups and unlikely viewpoints he uses destroy any attempt to classify him as figurative.

Photography for FJG is not to be practised in a hurry ; a lot of thought goes in to the process. Besides, he almost never carries a camera on him. The work that goes on before and after the actual picture taking is what makes the difference between “doing a photo” and “taking a photo”, the latter being more instantaneous.
 
The veil is lifted revealing the sculptural qualities of the image. From Ground Zero to waste land, the excitement lies in recreating, as in“coming soon”, “to be done”, not in what is “already there”. FJG is intrigued by an object for its potential, for what he can make of it.The colours he uses are those of dawn ; blur indicates movement ; there is a flow beneath the concrete ; graininess brings out the voluptuousness in stone ; “burnt”, over-done and magnified images lead, beyond doubt, to the essence. Architectural photography opposes death by asserting that movement is continuous through the analogy principle.

With FJG, photography is masonried by nature and responds to the same constraints as architecture : the arrangement of exhibited images, the fact that FJG has done away with paper, printing instead to acrylic glass or brushed aluminium (...), all contribute to creating a match between the depth of the photographed matter and the thickness of the base. Photography then ceases to be figurative and imperceptibly embraces a sculptural dimension, which strengthens the link between photographer and artist and transforms the pleasure of seeing into a scopic, readily sensual experience.
 
Be it the omnipotent city, unclaimed waste land promised to a renewal or the aesthetics of accidents : walls of glass, stone and metal all have in common that they exude the heady presence of human beings. Architectural photography as it is presented and crafted by FJG becomes an ode toliving matter. 
 
Leokady
(KarineAlquier)

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